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LES TOUT-DÉBUTS:
Comment sont-ils arrivés? Qu'y faisaient-ils?
A l'est, la Kabylie est le siège des familles Feuillerat, Pèpe,
Mouraille, Rodini. Originaires de Haute-Garonne, du Nord, des Bouches-du-Rhône
et d'Italie, elles suivent toutes des chemins différents.
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Octobre 1853
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Jeanne
Marie Feuillerat de Montastruc de Salies, Haute-Garonne, fait
une demande de passage gratuit pour se rendre "en Afrique,
prés son frère et sa sur qui habitent à
Alger." Elle a, à peine,18 ans.
Le frère qu'elle cherche à rejoindre à Alger
est Jean
Feuillerat, son aîné de 10 ans, qui y habite depuis
déjà au moins deux ans, puisqu'en décembre
1851 il y a épousé Lucie
Marie Anne Puysségur. Il est coutelier.
La sur est Jeanne
Françoise Feuillerat, son aînée de 7 ans
qui, elle aussi, habite Alger où elle a épousé,
en février 1852, Théodore
Favre de Suisse. Elle est cuisinière, son époux
tonnelier.
Le préfet de la Haute-Garonne sollicite du sous-préfet
des renseignements sur la moralité de la pétitionnaire,
ses perspectives d'obtention de travail (condition indispensable)
et son avis propre.
Sur réponse que son frère et sa sur doivent
lui procurer du travail et que les renseignements du maire de Montastruc
sont bons, le Ministre de la Guerre autorise la rationnaire à
un passage gratuit sur la Compagnie Dazin.
Le sous-préfet, en date du 6 décembre 1853, indique
que la dénommée Feuillerat est partie depuis quelques
jours de Montastruc pour se rendre à sa destination. Les
départs de Marseille à Alger ayant lieu les 5, 15,
et 25 du mois il y a tout lieu de croire que Jeanne
Marie Feuillerat passe Noël à Alger.

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| 11 décembre 1856 |
Naissance à Alger de Blanche
Marie Esquerré, fille de Jean
Esquerré et de Victoire
Feuillerat, la troisième sur Feuillerat
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| 9 juillet 1858 |
Dans la "place de Tizi-Ouzou" est établie une
liste nominative de 57 colons "susceptibles de recevoir des
lots de culture", à raison de 4 hectares par famille.
Y figurent Théodore
Favre , Jean
Esquerré et Virgile
Pèpe, les deux premiers, époux, le troisième,
futur époux des trois surs Feuillerat.

La Kabylie, encore insoumise, est toujours territoire militaire.
Dés 1855, l'armée installée dans le bordj de
Tizi-Ouzou en fait une place fortifiée. Cette présence
entraine l'afflux spontané d'une population civile, de commerçants
et d'ouvriers, qui dés fin 1856 s'agglomère autour
du bordj. Pour remédier à ce centre de peuplement
effectué de façon "sauvage", le commandant
Lallemand, chargé de la place de Tizi-Ouzou fait légaliser
la situation en dressant cette première liste de colons.
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| 27 octobre 1858 |
Tizi-Ouzou, est créé officiellement par décret
impérial, et compte 94 feux.
   
Donc, dés 1858, les trois surs Feuillerat sont établies
a Tizi-Ouzou.
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| 14 septembre 1859 |
Dans la liste des lotissements de Tizi-Ouzou, au nombre de 78, s'ajoute
maintenant le nom de Joseph
Viola, futur beau-père d'Eugène
Léon Feuillerat, frère des trois surs Feuillerat.
Plus tard, parmi la liste des colons s'ajoute également le
nom d'André
Boyer, futur deuxième époux de Marie
Rose Viola, veuve d'Eugène
Léon Feuillerat. |
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| 14 août 1860 |
A Tizi-Ouzou, Jeanne
Marie Feuillerat épouse Virgile
Pèpe, né à Saint-Quentin, mais originaire
de Douai. ( La tradition orale familiale selon laquelle les Pèpe
sont des "Espagnols des Flandres" est probablement correcte
puisque la famille remonte jusqu'à 1714, date du mariage de
Michel Pèpe, l'unique ancêtre de tous les Pèpe
de Douai, et que les registres de la ville contiennent de nombreux
noms révélateurs: Cordouan, Lopez, Lespagnol...)
Le chef de la place militaire fait fonction d'officier d'état-civil.
Virgile
Pèpe est cordonnier comme son père. Il est le seul
de sa famille à s'établir en Algérie. Son frère,
Louis
Philippe Pèpe, est en Afrique de 1850 à 1855 avec
l'armée, s'y marie à Alger, mais se retire à
Montluçon. |
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| 11 avril 1864 |
Eugène
Léon Feuillerat, le plus jeune des frères et surs
Feuillerat, se marie à Tizi-Ouzou avec Marie
Rose Viola. |
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| Avril 1864 |
Jean
Raphaël Feuillerat, père des frères et surs
Feuillerat, visite Tizi-Ouzou pour le mariage de son benjamin. En
octobre 1864, il est à Alger chez son fils Jean, mais il rentre
en France à Montastruc où il décède en
1866. |
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| Avril-octobre 1864 |
Dominiquette
Foch, mère des frères et surs Feuillerat,
arrive à Tizi-Ouzou et y demeure jusqu'à son décès
en 1870.
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| 1873-1884 |
Ce sont les 5 enfants de Nicolas
Feuillerat, autre frère Feuillerat, décédé
à Montastruc en 1873 qui rejoignent la Kabylie, en partie
pour y être élevés par leur tante.
Des 5 enfants Feuillerat ayant émigré en Algérie,
seul Jean
Feuillerat demeure à Alger. Mais les Feuillerat d'Alger
ont un destin tragique: en 1879, il est décédé
ainsi que ses 2 épouses et les 10 enfants issus de ces 2
unions, sauf une Marie
Philomène Eulalie Feuillerat, âgée de 7
ans, dont on ignore le sort.
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| 1871 |
Au cours de la grande insurrection kabyle, le village européen
est mis à feu et ses 254 habitants regroupés dans
le bordj militaire qui est assiégé pendant plusieurs
mois. Victorine
Léontine Pèpe, fille de Jeanne
Marie Feuillerat et Virgile
Pèpe se souvenait au soir de sa vie de cette nuit d'angoisse
où portée sur le dos d'un kabyle, les balles sifflant
tout autour, elle avait pris refuge avec sa famille dans le bordj
fortifié. Elle avait 3 ans.
 
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| 11 septembre 1872 |
Tizi-Ouzou devient commune de plein exercice. En 1873, André
Boyer en est le maire et Virgile
Pèpe, conseiller municipal |
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| 1887 |
L'État achète à André
Boyer et son épouse, Marie
Rose Viola, une parcelle pour la construction de la future gare
de la ville
En territoire militaire, il n'y a pas de colonies agricoles et
la commune de Tizi-Ouzou n'est créée qu'avec une superficie
rurale de 286h. Les agriculteurs sont rares au début.
Virgile
Pèpe est cordonnier mais la mémoire familiale
fait aussi état d'un caravansérail dont il était
propriétaire/gérant.
Théodore
Favre, son beau-frère, tonnelier à Alger en 1852,
est dit cafetier en 1858 et plus tard travaille pour la société
Eschnauer, courtier en vins.
Eugène
Léon Feuillerat est propriétaire, brièvement,
puisqu'il décède en 1869, à l'âge de
28 ans.
Jean
Esquerré est commerçant
Charles
Édouard Gustave Viennet (gendre de Virgile Pèpe) est
pharmacien.
Charles
Édouard Martin est cafetier.
André
Boyer est brigadier de gendarmerie, huissier à Bordj-Menaïel
et maire de Tizi-Ouzou de 1873 à 1878
Joseph
Viola est maçon
Jean
Feuillerat est coutelier à Alger.
On ne sait pas dans quelles circonstances exactes, Maurizio
Rovedini, qui devient Maurice
Rodini, arrive en Kabylie, mais comme les Feuillerat, il y arrive
relativement tôt.
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| 1854-1861 |
En 1854, Maurizio
Rovedini, épouse Santine
Scarioni, à Agra, Lombardie, Italie, petit village surplombant
le Lac Majeur, à quelques kilomètres de la Suisse. Les
Rovedini sont agriculteurs. |
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| Juillet 1861 |
Naissance de Sophie
Rodini, l'aînée des enfants Rodini, à Dra-el-Mizan.
Le village de Dra-el-Mizan, qui deviendra le siège familial
des Rodini, est créé par décret impérial,
en date du 30 décembre 1858, sur l'emplacement du camp militaire
existant. La Commission chargée d'examiner la situation,
trouve sur place un groupe d'Espagnols et d'Italiens surtout, qui
avaient suivi l'armée, avaient, pour certains, participé
aux combats avec les Kabyles, et s'étaient installés
autour du camp où certains cultivaient les terres. Napoléon
III, plus tard, remercie ces Européens en leur octroyant
la nationalité française par décret impérial
spécial.
 
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| 1875 |
Maurice
Rodini, qui est maçon, puis entrepreneur, est naturalisé
français par le décret No 6532, du 18 février1875,
publié au Bulletin des Lois, XIIe série, Partie Supplémentaire,
Tome XI. Ce décret donne la mauvaise date de naissance, 1838
au lieu de 1828.

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| 1890 |
Basile
Rodini, maçon comme son père, fait une demande
de concession a Aomar, commune mixte de Dra-el-Mizan
   
Cette concession doit lui être accordée, puisqu'en
1900 figure un Rodini parmi les agriculteurs et viticulteurs de
Dra-el-Mizan, son père étant nommé dans la
rubrique des entrepreneurs.
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| Avant 1889 |
Hyppolite
Jacques Mouraille qui, en 1889, épouse Thérèse
Lucie Rodini, la fille des Italiens, à Dra-el-Mizan, arrive
de sa Provence natale avec l'armée. Il restera en Algérie
et fera de Dra-el-Mizan puis de Tizi-Ouzou le siège familial
des Mouraille. Il est le seul de sa famille à émigrer. |
A l'ouest, l'Oranais est le siège des familles Dalbiès,
Pujol, Servat. Originaires des Pyrénées-Orientales et de
l'Ariège, elles se regroupent principalement autour de Mostaganem,
Mazagran, Ain-Tédélès, Pélissier.
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| 1846 |
Françoise
Rougé, née à Soulan, Ariège, en
1787, arrive en Algérie dés 1846 (elle a 58 ans) et
figure sur toutes les listes et demandes de concessions de Mazagran
en 1846-47-48. Le village de Mazagran étant créé
le 18 janvier 1846, cela fait d'elle l'une des toutes premières
habitantes.
  
Veuve de Bernard
Pati Pujol, décédé en 1831 à Soulan,
dont elle était la deuxième épouse et qui avait
23 ans de plus qu'elle, elle est de toutes les personnes étudiées,
la première en Algérie, où le nom est souvent
orthographié Roger et non Rougé.
En territoire civil, la création de colonies agricoles assure
le peuplement.
   
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| Avant 1850 |
Françoise
Rougé a 3 frères, François
Rougé, Louis
Désiré Rougé, et Dominique
Rougé, présents à Mazagran le 7 juin 1850. |
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| 9 septembre 1851 |
Françoise
Rougé décède à Mostaganem, quartier
de Matemore, où se trouve l'hôpital militaire, mais elle
est bien résidente de Mazagran. Elle est "la Veuve Pujol
de Mazagran"
Ses deux fils, Jean
Pujol et Bernard
Pujol sont en possession des biens de leur mère et frères
et surs à partir du 1er juin 1854, par procés-verbal:"..la
Vve Pujol est décédée depuis plusieurs années
et a laissé pour héritiers sept enfants: Jean, Bernard,
François, Jacques, Annie, Jean Paul et Berthe; la concession
est occupée par les deux premiers au profit desquels les autres
héritiers se sont désistés verbalement et sans
avoir fait acte régulier de renonciation." (lettre du
sous-préfet de Mostaganem au préfet d'Oran du 1er août
1857. 3M302 CAOM)
A son décès en 1851, ses sept enfants sont âgés
de 37 à 20 ans et tous ne sont pas encore en Algérie. |
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| Aprés 1851 |
Son fils, Jean
Paul Pujol émigre aprés 1851, date de son mariage
à Soulan, en Ariège. |
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| 1853 |
Sa fille, Bertrande
Pujol (Bertrande à l'état-civil, elle est aussi
trés souvent Berthe, probablement dans l'intimité, puisque
c'est le prénom passé aux filles de la famille) et son
époux Barthélémy
Pujol arrivent en Algérie en 1853. Ils ont déjà
3 enfants, dont Étienne
Pujol, né en mars 1853, à
Toulouse, probablement pendant le transit vers l'Algérie.
Les Pujol et alliés émigrent en masse et sur plusieurs
générations, une situation de famine existant dans la
vallée de Soulan/Aleu, mi 19ème siècle et une
campagne intense de recrutement à l'émigration ayant
été promue par les autorités de l'Ariège.
Françoise
Rougé, ses enfants et leur descendance sont collectivement
"les Pujol de Mazagran."
Outre ses 3 frères déja mentionnés, sa sur,
l'autre Françoise
Rougé, née à Soulan en 1796, et son mari,
Jean Paul
Pujol (fils du premier mariage de Bernard
Pati Pujol) émigrent également avec certains de
leurs enfants. |
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| 13 mars 1856 |
Date du passeport de la fille de ce couple, Marie
de l'Hèreté Pujol et de son époux Jean
Pierre Servat qui rejoignent l'Algérie avec leurs 2 enfants.
  
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| Mars 1876 |
Jean
Pierre Servat fait une demande de concession qui lui est refusée.
Ses ressources sont maigres: deux vaches, quatre génisses,
un cheval, une charrue et quelques instruments de travail. Il a
55 ans, a auparavant abandonné une autre concession, est
dit d'une moralité passable. Les circonstances de cette famille
semblent assez précaires.
   
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| Avril 1881 |
Le troisième enfant de ce couple, Marie
Anne Annette Servat épouse Étienne
Pujol , petit-fils de la Veuve Pujol de Mazagran. |
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| Mai 1883 |
Étienne
Pujol fait une demande de concession.
  
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| Mars 1882 |
Son frère, Barthélémy
Pujol fait une première demande de concession. Leur mère
Bertrande/Berthe
Pujol habite avec lui.

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| Mars 1891 |
Deuxième demande de concession de Barthélémy
Pujol, qui lui est accordée.
   
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| Janvier 1895 |
Demande de secours de Anne
Archer, son époux, Barthélémy
Pujol étant décédé en mai 1894.

Les Pujol, Servat sont en grande majorité dans les premières
générations, agriculteurs. La seule exception est
Jean
Servat qui devient distillateur.
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| Avant 1851 |
On ne sait rien des circonstances de l'arrivée de Joseph
Ponet Dalbiès, originaire de Rabouillet, Pyrénées-Orientales,
en Algérie, ni de celle de son épouse Francisca
Torregrosa, originaire de Novelda, province d'Alicante, Espagne,
mais ils sont à Arzew, dés 1851, naissance de leur fils
François
Joseph Dalbiès. Il est le seul de sa famille à émigrer.
Les Dalbiès sont conducteurs des messageries.
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